14 Juin 2017

Communiqué - Philippe Couillard applaudit le recul du français comme langue de travail

Québec, le 14 juin 2017 – En réponse au chef de l’opposition officielle et porte-parole en matière de langue française, Jean?François Lisée, qui a déposé un projet de loi visant à rétablir le droit des Québécois de travailler en français et à pallier l’incurie libérale dans la défense de la langue française, le premier ministre Philippe Couillard s’est montré satisfait de la situation actuelle, tout en désignant la Charte de la langue française comme un « chiffon linguistique ».

EN BREF

 

  • Jean-François Lisée et Maka Kotto dénoncent avec force les propos du premier ministre Philippe Couillard.
  • L’opposition officielle a déposé un projet de loi afin de rétablir le droit des Québécois de travailler en français, puisque la question indiffère le premier ministre.
  • Nous voulons introduire des critères rigoureux afin d’envoyer un message clair aux employeurs : avant d’exiger la connaissance de l’anglais, assurez-vous qu’elle est nécessaire.
  • Au Québec, cela fait partie de la responsabilité sociale des entreprises.

« La Cour d’appel, en octobre dernier, a vidé de son sens l’article 46 de la Charte de la langue française. Ceci la désarme complètement et remet en cause notre droit de travailler en français. Or, dans un contexte où, partout au Québec, le français comme langue de travail recule, on ne peut pas rester les bras croisés », a déclaré Jean-François Lisée. En fait, cette nouvelle jurisprudence introduit ce qu’on pourrait appeler la « clause Couillard ». En mars 2014, M. Couillard avait indiqué que chaque salarié sur une chaîne de montage devrait connaître l’anglais, au cas où un client anglophone voulait « parler aux travailleurs ».

Le chef de l’opposition officielle est par ailleurs outré des propos qu’a tenus le premier ministre en Chambre, ce matin, lorsqu’il a été question du français au travail. « Philippe Couillard applaudit le recul du français au travail. Et il traite la question linguistique de "chiffon". Décidément, notre chef d’État est incapable de s’élever, de défendre les droits des citoyens qu’il est censé représenter. Il n’a aucune ambition pour le Québec, aucune colonne face au fédéral. C’est pourquoi nous faisons le travail à sa place », a-t-il poursuivi.

Après examen des offres d’emploi dans la région de Montréal, en novembre 2012, on a constaté que près de 6 employeurs sur 10 exigeaient, alors, une connaissance de l’anglais. L’inaction totale – voire la complicité tacite – du premier ministre Couillard, depuis l’élection de 2014, a fait en sorte que cette pratique s’est généralisée et que les employeurs, souvent de bonne foi, se sentent désormais autorisés à ne pas respecter l’esprit initial de la loi 101.

« Nous voulons introduire des critères rigoureux afin d’envoyer un message clair aux employeurs : l’exigence de la connaissance de l’anglais ne doit pas être une règle générale, mais une exception qui doit être chaque fois justifiée. Au Québec, cela fait partie de la responsabilité sociale des entreprises. Ici, nous travaillons en français », a conclu le député de Bourget et lieutenant de l’opposition officielle pour la langue française, Maka Kotto.

La principale disposition du projet de loi se lit comme suit :

  •  Il est interdit à l’employeur d’exiger pour l’accès à un emploi ou à un poste une connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d’une langue autre que la langue officielle, à moins :

             1)    que la participation aux activités usuelles liées à l’emploi ou au poste ne nécessite une telle connaissance ou un tel

                    niveau de connaissance;

             2)    que l’accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance ou un tel niveau de connaissance.